Après la polémique crée par le passage de la flamme olympique à Paris et par le badge que veulent porter les sportifs français aux Jeux Olympiques à Pékin cet été, je voulais partager mon point de vue sur la situation. En effet, ce sujet déchaîne les passions. Or, à l’écoute de certains témoignages il me semble que le problème n’est pas envisagé dans sa totalité.
je voudrais tout d’abord condamner les exactions commises par les autorités chinoises sur leurs opposants, ce qui implique donc les tibétains. Le régime chinois et un des derniers bastions du communisme (avec Cuba et la Corée du Nord) et on le sait très refermé sur lui même. C’est un régime autoritaire ce qui peut entraîner toute forme de dérapage. Le constat est donc le même pour tous.
Mais le problème de ce constat est qu’il est le même depuis des décennies, et notamment encore lors de l’attribution des Jeux Olympiques à la Chine. On le sait les JO n’ont cessé de se politiser durant le 20ème siècle. Cela a commencé en 1936 à Berlin et la démonstration de puissance du régime Nazie mais a continué durant la guerre froide avec le boycott des JO de 1980 à Moscou par les américains et celui des athlètes soviétiques en 1984 à Los Angeles. L’attribution des Jeux Olympiques dépasse donc largement le cadre sportif et il me semble que si les chefs d’état des pays industrialisés avaient fait part de leurs craintes à M. Rogge (président du comité olympique international, CIO) au moment du vote d’attribution des JO le problème aurait pu être anticipé. La situation aurait été claire dès le début. Au lieu de cela, Pékin a été elue ville organisatrice par les membres du CIO et personne n’y voyait d’objection. Le sentiment d’incompréhension qui habite les organisateurs chinoisest donc légitime. De plus, le poids économique de la Chine est loin d’être négligeable et dans la conjoncture actuelle, la France ne me paraît pas en mesure de se froisser avec cet interlocuteur. Donc sans vouloir s’abaisser devant elle, la diplomatie française devrait s’efforcer de clarifier la situation, or c’est loin d’être le cas.
Le deuxième point à envisager est la situation du Tibet. D’après Wikipédia, cette région dissidente représente un territoire de 250000 km² soit un quart du territoire chinois (959700 km²). Imaginez si le quart nord est de la France revendiquait son indépendance? Il s’agit bien là d’un problème de politique intérieur, clairement difficile à gérer, mais qui peut l’être uniquement par les chinois. On se souvient des problèmes d’ordre politique, militaire et humanitaire rencontrés par le gouvernement français lors de la guerre d’indépendance de l’Algérie il n’y a pas si longtemps que cela. On sait donc bien que c’est une situation instable. L’histoire du Tibet très troublée est liée à son positionnement géographique stratégique entre l’Inde et la Chine. Plusieurs nations ont tenté de s’approprier ce territoire et notamment l’Angleterre au début du 20ème siècle. La demande d’indépendance du Tibet auprès de la Chine n’est pas récente et il n’était ainsi pas nécessaire d’attendre les derniers mois avant l’ouverture des JO à Pékin pour décrier la situation.
Pour conclure, la Chine doit être mise en garde contre ses répressions à l’encontre des tibétains et des minorités qu’elle héberge. Cependant, elle fait depuis plusieurs années des efforts d’ouverture à l’encontre de la communauté internationale qui ne doivent pas être stoppés par des décisions “hatives”. Un boycott provoquerait un affront qui pourrait avoir comme effet de refermer la Chine sur elle-même comme auparavant et donc comme conséquences moins de possibilités de contrôler ce qui s’y passe. De plus, on ne peut pas demander à des sportifs de se positionner sur une question qui dépasse largement leur champ et de se saborder en ne se présentant pas à La compétition internationale de référence. Aux chefs d’état d’anticiper ce type de problème puis d’afficher clairement leur point de vue.